Nous avons inventé l’Armoire à Pharmacie solidaire : trop fiers
« Vous pouvez me le faire sur Canva ? Après, on se débrouille… »
Donner accès à Canva à un client en déclinant les livrables d’une campagne visuelle est devenu une évidence opérationnelle.
Les équipes de nos clients ont besoin de produire en autonomie, en grande réactivité, sans passer une commande à l’agence pour chaque déclinaison envisagée. Cela rogne nos marges mais nous laisse nous concentrer sur notre valeur ajoutée. Nous avons intégré depuis plusieurs années que ce qui nous paraissait à l’origine être un pillage de notre travail (difficile de l’admettre parce qu’on avait le sentiment de scier la branche sur laquelle nous étions assis !).
Nous accompagnons très régulièrement les annonceurs dans cette mise en place. Et nous avons appris quelque chose que nous n’avions pas anticipé.
Canva n’est pas le problème. Canva est le révélateur.
Ce qui se passe quand on lâche trop tôt la collaboration
Quand un chargé de communication, un graphiste intégré (souvent un alternant) commence à produire en autonomie, deux choses se passent immanquablement.
La première est positive : les délais s’accélèrent, les publications sont rythmées, les supports se diversifient, les équipes s’approprient la campagne. C’est très vertueux, et c’est le but !
La seconde est plus invisible et sournoise. En quelques semaines, les typos varient légèrement. Une couleur est ajoutée pour gérer un négatif. Le ton éditorial devient plus formel, ou plus flottant. Chaque micro évolution prise isolément semble anodine. Cumulées, elles éloignent le travail sur la marque de ce qu’il était censé révéler au fil des prises de parole.
Une question de compétence ?
Non ! Une question de contexte. La maîtrise d’un territoire de marque se construit lors des réunions d’agence sur le positionnement, dans de nombreux échanges et ajustements entre la production et les chargés de projet.
Les équipes internes produisent dans l’urgence. Elles ont une deadline et un template.
Un kit Canva bien conçu protège de cette dérive
Pas de templates figés mais un système de contraintes intelligentes : ce qui est verrouillé, ce qui est libre. Un kit qui rend autonome avec un calibrage co-construit avec notre client en fonction de ses ressources internes et des risques identifiés en amont.
Certains éléments doivent être intouchables : le logo, les couleurs primaires, la police de caractère des tirailles. D’autres peuvent varier dans un périmètre défini : hiérarchie des informations, choix iconographiques.
Il est important de garder quelques zones ouvertes pour que le contenu puisse s’exprimer quel que soit son format.
Ce qui est important : la relation
L’apprentissage de cette expérience Canva avec une cinquantaine de comptes clés aujourd’hui : l’autonomie ne signifie pas la fin de la relation.
Points de revue réguliers (hebdomadaires au démarrage puis trimestriels le plus souvent), qui ne sont pas des points de validation mais des étapes de co-vigilance pour veiller ensemble au respect du territoire de marque et aux dérives invisibles.
Les échanges permettent aussi d’assouplir la charte si elle s’avère trop rigide, de s’adapter à la vie en live du territoire éditorial (“une charte, il faut la voir portée“, comme le dit mon amie Jill).
La vie de la marque se co-construit ainsi, entre autonomie maîtrisée et échanges de points de vue éclairés.
Les kits éditoriaux : ce que ça change pour Billiotte & Co
Le sacrifice commercial que nous avions anticipé (moins de productions facturées, moins de demandes sur les déclinaisons) s’avère en fait une source de revenus.
Un client autonome sur l’exécution quotidienne est un client disponible pour les enjeux stratégiques. Notre rôle n’est pas de décliner 32 modèles de bannière mais d’avoir des réflexions de fond sur votre positionnement, vos prises de parole, vos prochaines campagnes.
L’autonomie bien accompagnée est un accélérateur de la relation conseil. Un parti-pris doublement gagnant.
Ne confondons pas « Vous pouvez me le faire sur Canva, après, on se débrouille“… “accompagnez ma marque dans sa transition éditoriale ».
